Définitions

L’eau n’est pas une ressource monolithique. Son origine, ses qualités ou son mode de distribution sont des critères différenciant très forts. En 2019, la France comptait 189 marques d’eaux conditionnées dont 101 eaux minérales naturelles, 84 eaux de source et 4 eaux rendues potables par traitements.

TOUR D’HORIZON DES EAUX

Les eaux de sources

Selon la législation européenne et le ministère de la Santé, l’eau de source est une eau d’origine souterraine, microbiologiquement saine, qui doit être tenue à l’abri de tout risque de pollution.

Sa composition en minéraux est généralement faible et convient donc au plus grand nombre.

L’eau de source répond aux mêmes exigences de qualité microbiologique que l’eau minérale naturelle, mais elle n’est pas soumise à l’exigence de stabilité de sa composition dans le temps.

Les eaux minérales naturelles

Selon la législation européenne et le ministère de la Santé, l’eau minérale naturelle est une eau d’origine souterraine, microbiologiquement saine, qui doit être tenue à l’abri de tout risque de pollution.

Elle répond à des exigences de qualités microbiologique et physicochimique strictes. Elle se distingue des autres eaux par la présence de minéraux, oligoéléments ou autres constituants, dont la composition est stable.

Certaines eaux minérales naturelles peuvent faire état d’effets favorables à la santé reconnus par l’Académie nationale de médecine.

L’eau rendu potable par traitement

La réglementation française a introduit une autre catégorie d’eau embouteillée qu’il ne faut pas confondre avec les eaux de sources ni les eaux minérales naturelles : il s’agit de l’eau rendue potable par traitements. C’est une eau provenant de ressources souterraines peu profondes ou superficielles et qui a fait l’objet d’un traitement destiné à la rendre potable sur le plan microbiologique (désinfection) et/ou physico-chimique (eaux surfiltrées).

L’eau du robinet

L’eau du robinet se différencie profondément des eaux embouteillées en matière d’origine et de pureté.

Elle provient pour 1/3 d’eau de surface et le reste d’eau plus ou moins souterraine notamment des nappes phréatiques. Les traitements dont elle fait l’objet sont plus ou moins importants selon le degré de pollution d’eau brute et peuvent aller jusqu’à l’osmose inverse ou la nano-filtration.

Dans tous les cas, elle fait l’objet d’une chloration pour protéger l’eau des nombreuses fuites dans les réseaux plus ou moins vétustes estimées par les Agences de Bassin à 20 %.

À noter que durant la pandémie de Covid-19 certaines régions, sur des demandes des ARS, ont multiplié par 5 leur taux de chlore dans le réseau public.

Les eaux traitées à domicile avec des dispositifs individuels

Ils sont destinés à pallier une mauvaise qualité de l’eau du robinet (turbidité, chlore…). Les traitements consistent généralement en une filtration sur charbon actif pour enlever le chlore et parfois un passage sur des résines échangeuses d’ions pour éliminer des nitrates.

Aucune réglementation à l’heure actuelle n’existe pour ce type de traitement domestique et les résines anioniques ne sont pas conseillées par les pouvoirs publics pour usage domestique en raison de la prolifération des germes dans les résines et le relargage de composés aminés.

D’ailleurs, l’UFC-Que Choisir a qualifié de « catastrophiques » les résultats des analyses qu’elle a réalisée à ce sujet. L’élimination de la filtration des nitrites et nitrates est jugée insuffisante et l’élimination du chlore par le filtre permet la prolifération des microbes dans l’eau.

L’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire et Alimentaire considère dans l’étude qu’elle a menée que « l’usage de carafes filtrantes peut conduire au relargage de différents contaminants (ions argent, sodium, potassium, ammonium) dans l’eau de boisson, à un abaissement du pH, voire à une altération de la qualité microbiologique de l’eau. ».

Les « eaux de restaurant »

L’eau filtrée sur place au restaurant, c’est de l’eau du robinet filtrée via un filtre composé de charbon actif et de résines avec des compositions variables. La majorité des consommateurs ignore qu’il s’agit, en réalité, d’eau du robinet rendue potable par traitements et filtrée par le restaurateur.

La majorité des restaurateurs n’est pas en règle avec la législation en vigueur sur ce type d’eau filtrée. En effet, le restaurateur doit faire figurer sur son menu et ses carafes d’eau, la mention « Eau rendue potable par traitements ». À défaut, il encourt une amende de 450 € par carte non conforme.

Du reste, bien souvent, le restaurateur emploie des dénominations trompeuses telles que « eau du terroir » ou « eau du restaurant ». Les mentions frauduleuses sont faites pour tromper le consommateur sur l’origine de l’eau.

En date du 5 février 2013, la D.G.C.C.R.F. a publié une note d’information destinée aux différents services départementaux chargés de la protection des populations concernant la publicité se rapportant aux eaux traitées afin d’informer les consommateurs.

Les eaux de montagnes

Est considérée comme « eau de montagne », une eau captée à au moins 600 mètres d’altitude en Métropole et à au moins 350 mètres pour les DOM/TOM. Il s’agit d’une mention facultative destinée à valoriser les produits de nos terroirs montagneux. Cette dénomination « de montagne » est donc également disponible pour les viandes porcines et bovines, les produits laitiers…

Ces eaux représentent 13% des volumes d’eau embouteillées vendus en France.

Le Syndicat des Eaux de Sources et des Eaux Minérales Naturelles, membre fondateur et Vice-Président, est adhérent à l’Association « Altitude » dont la vocation est de réunir, défendre et promouvoir, sous un identifiant commun, les produits de montagne.